Politique du Niger

Ancienne colonie française devenue État indépendant en 1960, le Niger est gouverné par le président Hamani Diori selon un régime civil à parti unique. En 1974, une sécheresse dévastatrice et des accusations de corruption aboutissent à un coup d'État mené par le lieutenant-colonel Seyni Kountché. Ce dernier dirige le pays avec un petit groupe de militaires jusqu'à sa mort en 1987. Son chef d'état-major, le colonel Ali Saibou lui succède, relâche certains prisonniers politiques, libéralise la législation et la politique nigérienne et promulgue une nouvelle constitution. Toutefois, les efforts du président Ali Saibou en faveur de ces réformes échouent face aux demandes de la société civile en faveur de l'institution d'un régime démocratique et multipartite, le régime finit par les accepter à la fin 1990. De nouveaux partis et mouvements civiques font leur apparition et une conférence nationale pour la paix civile est réunie en juillet 1991 pour préparer la transition vers des élections libres et transparentes. Ce débat contradictoire permet l'émergence d'un consensus pour la formation d'un gouvernement de transition en novembre 1991 dirigé par Amadou Cheiffou, gouvernement qui se maintient jusqu'à la fondation des institutions de la Troisième république, en avril 1993 Mahamane Ousmane devient président après son élection démocratique. Alors que durant cette période l'économie allait en se dégradant, certaines réalisations sont à souligner, comme l'organisation réussie d'un référendum constitutionnel, l'adoption d'un code électoral et celle du code rural et la tenue, d'une série d'élections libres, dans un climat pacifié à l'échelle nationale. La liberté de la presse permet alors l'éclosion de nombreux journaux indépendants.

Les résultats des élections législatives de 1995 forcent à la cohabitation entre le président et son rival, ancien premier ministre; cette paralysie gouvernementale mène le colonel Ibrahim Baré Maïnassara à l'abandon de la Troisième République en 1996. L'autorité militaire qu'il mène, le Conseil de Salut national, le temps d'une transition de 6 mois, rédige une nouvelle constitution pour une Quatrième République, en 1996. Baré organise l'élection présidentielle en juillet de la même année. Mais alors que le processus de vote est en cours, il remplace les membres de la Commission électorale et la nouvelle Commission le déclare vainqueur. Les élections législatives truquées de novembre suivant lui donnent une majorité de 57 % des sièges. Ce déni de démocratie fait reculer les donateurs étrangers et limite les possibilités de restauration de l'aide internationale, poussant le président Baré à rechercher l'aide de la Libye pour soutenir l'économie nigérienne. Parallèlement, on assiste à des violations répétées des droits de l'homme les plus élémentaires, les dirigeants de l'opposition sont arrêtés pendant que des journalistes sont souvent arrêtés et déportés par une milice officieuse composée de policiers et de militaires. Enfin, les bureaux des médias indépendants sont pillés et brûlés.

Cependant, il reste alors un point positif de ces journées de conférence nationale de 1991. L'initiative entamée alors pour rechercher la paix avec la première rébellion touarègue et touboue permet la signature d'un accord de paix en avril 1995. Les Touaregs revendiquent une plus grande autonomie sur leur territoire, ainsi que des retombées économiques des activités minières qui s'effectuent sur leur territoire. Ils réclament des emplois dans ces mines par exemple. Il s'agit également de revendications sociales et politiques. Les Touaregs dénoncent leur marginalisation et demandent une plus grande autonomie au pouvoir en place. Le gouvernement nigérien répondit par les armes, via l'armée nationale.

Le 9 avril 1999, Baré est tué dans un coup d'État mené par le commandant Daouda Malam Wanké, qui établit un régime de transition pour un retour à la démocratie. Lors des élections législatives et présidentielle d'octobre et novembre 1999, la coalition du Mouvement national pour la société du développement (MNSD) et de la Convention démocratique et sociale (CDS) menée par Mamadou Tandja gagne les élections.

La nouvelle Constitution du Niger est approuvée en juillet 1999. Elle restaure le régime semi-présidentiel de la Constitution de 1992 où le président est élu au suffrage universel pour 5 ans et nomme le premier ministre avec lequel il partage le pouvoir exécutif. L'Assemblée nationale, pour suivre l'évolution démographique du pays, voit ses effectifs monter à 113 députés, également élus pour 5 ans selon un scrutin majoritaire.

La législature élue en décembre 2004 accueille sept partis politiques différents. Le Président Mamadou Tandja est réélu en décembre 2004 et choisit de nouveau Hama Amadou comme premier ministre. Mahamane Ousmane, à la tête de la CDS, est réélu Président de l'Assemblée nationale par ses pairs. Ce nouveau pouvoir, en place à compter de décembre 2002, a dû rapidement affronter l'hostilité des militaires et, en août, n'a pu restaurer l'ordre qu'après plusieurs jours de confusion.

En juin 2007, Seyni Oumarou est nommé Premier ministre après une motion de censure qui renverse le gouvernement Hama Amadou. Mais de 2007 à 2008, une seconde rébellion touarègue a lieu au nord du Niger, aggravant les perspectives économiques du pays et refermant à nouveau la page des progrès politiques.

Le 4 août 2009, le président Mamadou Tandja réussit son coup de force lors du référendum constitutionnel décrété illégal par la Cour constitutionnelle et contesté dans tout le pays. Ce référendum vise à autoriser le remplacement de la constitution nigérienne. Les deux grands changements qu'il engendre sont la non limitation du nombre de mandats présidentiels et le passage d'un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel2. Mamadou Tandja bénéficie d'une extension exceptionnelle de son mandat de 3 ans pour « achever les chantiers entrepris ». La tenue du référendum est précédée et suivie de grandes manifestations et contestations.

Le  février 2010, un coup d'État est organisé dans la capitale Niamey aux abords du palais présidentiel3. Les insurgés placent le président en état d'arrestation4 et un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) est mis en place, sous la présidence de Salou Djibo, chef d'escadron de l'armée nigérienne. Le lundi 1er mars 2010, le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie présente un gouvernement de 20 membres parmi lesquels figurent cinq militaires. Mahamadou Danda est nommé Premier ministre. La 7e république est proclamée par le chef de la transition le 25 novembre 2010. Après des élections reconnues libres et transparentes par les différents observateurs, en mars et avril 2011, Mahamadou Issoufou a prêté serment le jeudi 7 avril 2011. Il nomme le même jour Brigi Rafini au poste de premier Ministre.

 


 

Source: Wikipedia